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Un film de Christophe Malavoy (France, 1996)

 

D’après :                 La pièce de théâtre plus ou moins autobiographique de Henry de Montherlant, du même nom

Thème :                  Amitiés particulières - Pédérastie

Terrain :                  Internat catholique de garçons

Epoque :                 Entre les deux guerres

Situation :              Paris

Genre :                    Etude de mœurs

Age :                        11 et 15 ans

Nudité :                   Non

Acteurs ado :         Servais = Noël Maradin ; Souplier = Clément van den Bergh

Précisions :             Couleur, 95 minutes

 

 

Synopsis : Sevrais, brillant élève de 15 ans, se lie d'une amitié passionnée pour son benjamin, le jeune Souplier, élève de 12 ans turbulent et rebelle à toute autorité. Cette complicité insolite ravit le reste des élèves. Mais elle n'est pas du goût de l'abbé de Pradts. L'amitié entre deux élèves de sections différentes étant absolument proscrite, l'abbé tente de s'interposer entre les deux adolescents. Mais sa stratégie manipulatrice, loin d'être désintéressée, dévoile peu à peu un attachement disproportionné pour le petit Souplier. Les deux adolescents ne cessent pourtant de se rapprocher, échangent leur sang et font le serment d'une amitié éternelle. Jaloux et possessif, l'abbé manigance alors le renvoi de son jeune rival pour lui soustraire Souplier, devenu l'objet de toutes les passions.

 

Thèmes abordés en rapport avec la recherche –  Deux thèmes qui s’entrechoquent. L’amitié qui lie deux garçons d’un collège, un aîné et un « petit » ; et l’attirance qu’un prêtre de l’institution ressent pour ce « petit ».

 

Jugement en rapport avec la recherche –  Il s’agit d’un classique dans les deux thèmes abordés. L’affection entre les deux élèves est présentée sous un angle extrêmement favorable, une affection que veut briser un prêtre, lui-même attiré sincèrement par le plus jeune des deux élèves. L’abbé de Pradts va se laisser prendre au piège de sa faiblesse : celle d’un homme torturé par le refoulement sexuel qu’imposent son sacerdoce et le paternalisme éducatif constitutif de sa mission au point de dériver sur un comportement condamnable, à savoir celui de la pédérastie.

 

Commentaires particuliers - Montherlant a ciselé avec beaucoup de soin les situations et les dialogues. L'univers un peu suranné du collège est bien rendu, et la force des émotions éprouvées par les personnages est évoquée sans emphase, restant toujours entre le naturel du quotidien et l'exaltation des sentiments. Le personnage de l'abbé de Pradts est extrêmement complexe et attachant, tiraillé entre ses désirs humains et ses exigences spirituelles. Il dit au supérieur du collège : « Dieu a créé des hommes plus sensibles que les pères, en vue d'enfants qui ne sont pas les leurs, et qui sont mal aimés. » Il dit à Sevrais qui vient d'être renvoyé et qui refuse cette fatalité : « Vous sourirez de tout cela quand vous aurez vingt ans » ; à quoi le garçon répond : « Non, je n'en sourirai jamais ! ». En effet, Montherlant sera toute sa vie hanté par cet amour de jeunesse, qui lui avait valu le renvoi du collège Sainte-Croix de Neuilly en 1912

Cette pièce au goût du jour, abordant la pédérastie des religieux, l’homosexualité embryonnaire dans l’ambiance claustrale d’un pensionnat de garçons, un culte de la jeunesse qui pourrait faire penser au Banquet de Platon, soutenue par une langue française qu’on aimerait entendre un peu plus que du verlan ou des néologismes met "sous les feux de la rampe" des personnalités entières que l’exigence d’amour humain pousse au drame. Sevrais et l’abbé de Pradts semblent bien taillés dans le même roc pour savoir appliquer le renoncement et l’exigence personnelle sans répit. Leur harangue à la fois belliqueuse et constructive a quelque chose de ces intempéries que la terre réclame. Pascal Perset en Abbé de Pradts incarne magnifiquement le calcul, la perversité et le machiavélisme de son rôle, face au jeune Guillaume Raoult touchant dans son jeu où vulnérabilité et maîtrise de soi augmentée de ce vécu particulier le cheminent précocement vers les affres de l’âge adulte. Au-delà même de la percutante citation de Montherlant -- "A supposer qu'elle s'édifiât, cette ville ne tiendrait du reste pas longtemps dans ce monde où la part noble de l'humain ne suscite, au mieux, que des moqueries, au pire, de violentes attaques (cela ne doit pas surprendre : la société française, devenue ce qu'elle est, réagit à ce qui la dépasse et qu'elle ne comprend pas comme l'organisme à un corps étranger, en produisant des anticorps chargés de le détruire)." -- le spectateur est appelé autant à réfléchir sur la tolérance d’un sentiment que sur la dérive condamnable où il peut conduire. »

 

 

Tag(s) : #Adolescence, #Cinéma, #Garçons, #Abus sexuels, #Amitiés particulières, #pensionnat, #Internat, #Pédérastie, #prêtres, #école, #église catholique, #France, #Amitié

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